Le Québec sur un coup de tête

Je suis parti au Canada en avril 2011, sur un coup de tête.

Il est 22h je suis en train de regarder des blogs voyage allongé sur mon lit. Quand je tombe sur une pub proposant un billet d’avion pour Montréal, en cliquant dessus je vois le meilleur tarif au départ de Bordeaux (ma ville) en vol direct pour environ 360 euros l’aller-retour. C’est parfait, sauf petit détail et pas des moindres, le vol et après demain. Je n’ai pas de sac de voyage et je travaille sur un de mes chantiers.
Je décide tout de même d’acheter le billet d’avion, on verra demain pour le reste.

Le matin je pars sur le chantier et j’annonce à mon apprenti que je pars le lendemain et qu’il va devoir se débrouiller seul pendant 2 semaines, heureusement je n’ai rien de dangereux à faire. Je suis charpentier, donc souvent des chantiers en hauteur, mais là, ce n’est pas le cas, je lui explique donc les travaux à effectuer et quand il aura fini, il pourra se mettre en vacances, le temps que je revienne. Je contacte ensuite mon client du chantier suivant et décale d’une semaine, voila pour le boulot – c’est réglé.

Demain matin je décolle pour le Canada

Je pars en fin de journée au magasin m’acheter un sac de voyage et quelques bricoles, qui me semblent nécessaires. En rentrant je prépare mon sac tout neuf, en prenant soins de regarder la météo qu’il fera là-bas et je préviens un amis que demain matin il devra me déposer à l’aéroport à 5h30, il est ravi.

Ensuite je contacte un couple d’amis à des amis que j’avais déjà rencontré et qui se sont installés à Montréal il y 1 ans. J’explique que j’arrive demain et que je ne sais pas encore où dormir, ils m’accueillent avec plaisir, et heureusement, car je pars sans vraiment avoir d’argent.
Voilà! Tout est réglé et je suis maintenant dans l’avion.

Montréal, Canada

Arrivé à Montréal, je me balade dans cette grande métropole, au grand building à l’américaine, à la recherche d’un endroit pour manger. Il faut savoir qu’avec le décalage horaire je suis arrivé en ville à environ 8h et en France il est 13h. La vie commence doucement à prendre sont rythme et les cafés à ouvrir. Je jette mon dévolu sur le Nickel’s, un café restaurant aux allures typiquement 50’s américaine.

Ici le petit déj de base est fait avec des œufs, des pommes de terre rouges rôties et un choix de bacon, saucisses et autre charcuteries, posés sur un bagel. « À cette époque je n’étais pas encore végan ». Mais le plus sympa pour moi c’est la serveuse qui vient me remplir mon mug de café avec sa vraie cafetière à la main (comme dans les films), un petit détail, qui à son charme et me dépayse vraiment.

Restaurant à Montréal

De Montréal à Québec

Je passe le reste de la journée à déambuler dans la ville et à m’arrêter au rythme de mes envies. C’est une belle ville, mais je recherche un peu plus cosys.

Je rejoins ensuite mes amis dans un pub « les 3 brasseurs » où nous passerons la soirée à manger et à boire avec leurs amis Canadiens. Nous rentrons vers 4h donc environs 9h pour moi, je ressens bien le décalage horaire, une première pour moi, autant dire que je ne mets pas longtemps à m’endormir.

Rue de Montréal

Aujourd’hui je décide d’aller à la ville de Québec au Québec, original. Encore une fois je ne sais pas où dormir. Il faut savoir qu’a ce moment je n’avais pas de téléphone avec internet car, mine de rien ce n’était pas encore très courant, ça a beaucoup évolué en quelques années et les airbnb ou autre n’étaient pas choses communes.

J’appelle un ami qui a déjà pas mal baroudé, pour lui demander conseil, un coup de fil à plusieurs euros bien-sûr. Car évidemment, à cette période les hors forfait téléphoniques étaient énormes (j’ai l’impression de parler d’un temps très lointain).

Il me parle du site Couchsurfing, que tout bon voyageur connaît maintenant, mais qui commençait tout juste à immerger en 2011. Je file trouver un cyber café, je me connecte et j’envoie quelques demandes. Une fois fait, je pars à la gare prendre un train.

Couchsurfing Québec

Après 3h environ, figé sur le joli paysage qui défile, je fais mes premiers pas dans ce grand village de Québec, à la recherche d’un cyber café à nouveau, pour voir si j’ai reçu des réponses. À ma grande surprise, j’ai reçu une offre d’hébergement et plusieurs invitations à boire un verre et même à un anniversaire.

Je contacte rapidement mon hôte pour avoir les coordonnées. Il faut dire aussi que j’ai fait ma demande d’hébergement pour 11 jours et que mes hôtes ont acceptés de me loger pour toute la période. Je prends le bus qui me dépose dans le quartier de mes hôtes, à environ 20min du centre. Dans l’appartement, je suis très bien accueilli par deux garçons et une fille, qui vivent en coloc et qui me laisserons leurs canapé dans le salon pour mon séjour, (le site porte bien son nom).

Visite de Québec

Je passe beaucoup de temps à marcher dans les rues de Québec, à ressentir l’atmosphère de ce lieu, à découvrir les petits cafés sympas, le château Frontenac et sa petite ballade sur le bord du fleuve Saint Laurent, les ruelles du vieux Québec où vous pouvez emprunter le funiculaire qui vous mène du petit Champlain, dans la basse ville à la terrasse Dufferin en haut du cap Diamant. De la citadelle, avec son joli point de vue sur le château et j’en passe.

Château de Frontenac

Le soir je sors essentiellement dans les bars où il y a de la musique live et des jams sessions, notamment le Ninkasi, un lieu ou de nombreux musiciens pros ou pas viennent s’exprimer sur une scène.

Un soir, comme je l’avais précisé avant, je suis invité à un anniversaire, un parté comme ils dissent ici. Je passe une bonne soirée avec tout ces Canadien et je rencontre Bruno avec qui l’on joue un peu de guitare. En fin de soirée, vers 4h, il me propose de m’emmener à 8h, gracieusement à Tadousac, voir des baleines, car il y conduit des touristes. Je crois que l’excursion coûte dans les 120 euros, une belle opportunité pour moi, que j’accepte avec plaisir.

Je rentre donc à l’appart me reposer un peu et préparer des affaires, car il y fera plus froid. À 7h je pars le rejoindre avec la tête dans le c.., j’ai quand même passé une soirée bien arrosée et dormi 1h30 environ. J’arrive pas frais, heureusement il y a 3h de route, ce qui me laisse le temps de dormir au fond du minibus, où Bruno m’avait gardé la banquette.Pauvres touristes, j’ai dû ronfler et baver, en imbibant l’atmosphère de vapeur d’alcool..

Rencontre avec la Baleine bleue

Arrivé sur place, j’embarque sur un bateau touristique, avec tout une classe de jeunes. Le capitaine annonce le départ.

Malgré mon état de lendemain de fête et la houle qui nous remues, j’arrive à profiter de ce beau paysage qui s’offre à moi. Heureusement, il y a un petit service dans le bateau, où je peux prendre un bon café chaud accompagné d’une pâtisserie.

Après un bon moment, nous arrivons sur le lieu où les baleines pourraient se trouver. J’observe avec attention, tout les recoins du fleuve Saint-Laurent. Après quelques minutes, je peux apercevoir des marsouins, tout de blanc vêtus. C’est un vrai moment d’émotion, de voir évoluer ces mammifères dans leur état naturel. La baleine, quant à elle, se fait attendre.

J’ai déjà imaginé ce moment, ou la baleine va jaillir de l’eau en faisant une pirouette, avec la queue qui dit au revoir en guise de final. Dingdingding!! – la cloche du bateau sonne, cela veux dire que la baleine est là. Je me précipite sur le pont haut du bateau, et là…!!! Un poisson de 25 m et 150 tonnes, frôle l’embarcation avec une grâce à couper le souffle. Je suis ému et lâche une petite larme, dans la précipitation j’ai oublié mon appareil photo dans la cabine.

Après le passage de la baleine bleue, je retourne récupérer mon appareil, mais hélas, ça sera la seule apparition, mais néanmoins magique.

Visite à Trois-rivières

Le lendemain mon hôte m’annonce qu’elle a pris 2 jours de repos, pour me montrer quelques endroits sympas.  On commence par aller à Trois-rivières, une ville à environ 1h30 de route de Québec, où ses parents habitent. Nous allons déjeuner avec eux, dans une maison typique du coin, avec une toiture en shingle. Cela me permet de m’immerger  un peu plus dans le quotidien des québecois. Nous passons tout le repas à discuter des différences entre nos deux pays. Nous passons ensuite une après midi tranquille à se balader dans le quartier, puis avant de partir le père me donne une bonne boite de sirop d’érable, fait par leurs soins.

Le culte « Madrid »

Sur la route du retour, nous allons enfin goûter la fameuse poutine. On s’arrête dans un endroit vraiment atypique, « Le Madrid ». C’est un lieu spécial, qui a était racheté par  Richard Arel et qui, pour attirer les voyageurs de l’autoroute 20, installe un de ses « monster trucks » et commande plusieurs dinosaures à des sculpteurs, au moment de la sortie du 1er Jurassic Park.

Dinosaures au Madrid, Canada

A l’intérieur l’étonnement continue avec une multitude d’objets kitchs, des vieux jeux d’arcades et même la machine « Zoltar » du film « Big ». Je mange enfin ma poutine sur une vielle table, elle est composé dans sa forme classique, de frites, de fromage cheddar en grains et d’une sauce brune. Je n’en raffole pas, mais ça a le mérite de caler un peu.

« Hélas le Madrid tel que je l’ai décris, n’existe plus, il a était démoli.  L’annonce de la transaction provoque une vague de contestation dans l’opinion publique, plusieurs faisant valoir le caractère patrimonial de l’établissement. Le complexe a doublé son chiffre d’affaires au cours de l’été 2011, attirant des milliers de nostalgiques désireux de faire une dernière escale au Madrid »   

                30 mètres de plus                     

Le jour suivant, nous allons au Chute de Montmorency. La chute, d’une hauteur de 83 mètres, est la plus haute de la province du Québec et dépasse de trente mètres les chutes du Niagara. Nous y accédons par un téléphérique. Une fois en haut c’est vraiment impressionnant, on peut passer au dessus de la chute par un pont suspendu et ressentir toute la puissance de la cascade sous nos pieds.

Chute de Montmorency

Ensuite, je redescends par un escalier de 487 marches, qui permet d’avoir plusieurs points de vues, mais surtout d’être bien trempé arrivé en bas. Une arrivée que je ferais en me vautrant dans une flaque de boue.Escalier, chute de Montmorency

Fin du voyage

Il est temps pour moi de retourner en France.

Pour un premier grand voyage, je n’ai pas était déçu. Le Québec ma vraiment fait rêver, ces monuments, son vieux quartier, tout les mots anglais, francisés. Tel que « arrêt » au lieu de « stop », « PFK » au lieu de « KFC », « joyeux festin » au lieu de « happy meal » et tant d’autres. L’atmosphère ici est agréable et détendu, les gens sont très accueillant, je me suis vraiment senti chez moi. Je comprends maintenant pourquoi, il y autant de Français qui veulent s’installer dans se beau pays.

La devise du Québec est  » JE ME SOUVIENS », et bien moi je m’en souviendrai…

 

 

 

2 thoughts on “Le Québec sur un coup de tête

  1. J’ai mis les pieds pour la 1e fois au Québec en 2013 avec mon PVT d’un an et je ne l’ai jamais quitté.
    5 ans d’amour entre ce pays et moi.
    Une chose est sûre, tous ceux qui sont venu le visiter l’ont aimé

    1. C’est super de pouvoir vivre la bas. J’ai vraiment adoré ce pays ou plutôt cette ville, car je n’ai pas vu grand choses pour le moment 🙂 mais l’accueil que j’y est reçu me fera forcement revenir pour en découvrir davantage.

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