La Sardaigne en stop

La surprise

Nous sommes mi aout et comme chaque année avec ma femme, nous recherchons un endroit où passer nos vacances. En général nous faisons un road trip avec notre van. Mais cette année, pas de gros budget et nous avons déjà fait les pays voisins. Donc, qu’allons-nous faire?

Et là! Ma femme m’annonce qu’elle m’a réservé une surprise pour mon anniversaire. Nous partons dans quelques jours pour la Sardaigne en sac à dos, sans réservations et sans avoir regardé ce qu’il pourrait y avoir à faire sur place, aucune info sur cette île, en somme. L’idée m’enchante, ça fessait longtemps que je n’avais pas fait un voyage à l’arrache.

Quelques jours plus tard, nous voilà dans l’aéroport à patienter pendant des heures. Nos sacs à dos sont bien remplis, de choses, j’espère nécessaires, mais pas de sac de couchage ou de tente. J’ai mis un message sur Couchsurfing, mais l’idée première et de tomber sur des âmes charitables qui pourront nous accueillir.

Nos premiers pas en Sardaigne

Nous arrivons à l’aéroport d’Olbia. Première chose à faire, trouver comment rejoindre une route convenable pour tendre notre premier pouce. Après quelques minute de marche sous un soleil de plomb, nous arrivons près d’un supermarché. On décide de se ravitailler un peu, en fruit et autres biscuit, au cas ou.

Nous commençons le stop à un carrefour qui paraît pas mal et qui indique (Oschiri) la direction que nous voulons pour le moment. Car nous avons décidé, un peu au hasard de traverser l’île du nord au sud.

Pour la préparation, j’ai imprimé une carte de l’île que j’ai mis sous plastique, nous avons également récupéré des morceaux de cartons et acheté un gros feutre noir.

La première voiture s’arrête, on montre la direction que nous prenons et embarquons avec eux, un homme et deux femmes sympathiques. Nous discutons tant bien que mal avec eux, car ils ne parlent pas anglais et nous avons juste un petit manuel d’italien pour se comprendre. Les premières minutes du trajet se déroulent tranquillement, mais au bout d’un moment, sur l’autoroute le conducteur s’arrête. La voiture n’a plus de liquide de refroidissement et commence à chauffer. Il laisse refroidir et rajoute de l’eau de nos bouteilles pour faire le plein, mais la voiture refuse de démarrer.

Nos hôtes cherchent des solutions, ils ont plus l’air embêté pour nous, qu’autre chose. Nous sortons notre raisin acheté plus tôt et le partageons. Environ 30min plus tard un jeune homme et sa mère arrivent pour nous récupérer et juste à ce moment, la voiture décide de redémarrer. Nous reprenons finalement la route avec nos nouveaux hôtes et l’autre voiture qui nous suit. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute et nous offrent une bière en leur compagnie, avant de reprendre leur chemin.

Entre temps ils nous ont conseillé d’aller voir Algero, sur la côte ouest de l’île, donc c’est parti pour Algero. Nous indiquons notre nouvelle destination sur le carton et reprenons le stop, mais pas sur l’aire, qui est dans le mauvais sens. Alors nous marchons un peu, afin de retrouver la bonne direction. On se retrouve près d’un rond point juste avant l’autoroute. Après un bon moment, je commence déjà à regarder où nous allons dormir. Heureusement, une voiture s’arrête et cette fois-ci, il parle un peu anglais. Un homme sympa qui veut bien nous emmener jusqu’à Sassari, à environ les deux tiers de notre route.

J’avais déjà été en Italie auparavant et je connaissais les « on-dit » sur leur façon imprudente de conduire, mais je n’avais pas vraiment vu de différence. Mais cette fois, le conducteur nous à rappelé à l’ordre, en roulant à environs 180km/h sur des routes limités à 110. Autant dire qu’en arrivant, nous étions soulagés.

Nous repartons rapidement cette fois-ci, avec un gars qui va à Algero, dans sa voiture familiale remplit de bordel. La route est plus tranquille et l’homme parle anglais. Nous avons une bonne discutions, on tente de voir où il habite, au cas où il aurait une petite place pour nous. Hélas, il a toute sa famille en vacance, autrement il nous aurait accueilli, dommage.

Ruelle en Sardaigne

Algero

Nous arrivons à Algero, après une journée assez longue, depuis notre départ de France, mais le moral est là. Seul petit problème, nous ne savons pas où dormir. Alors je regarde sur Couchsurfing, pas de réponses, je vais sur Airbnb et, visiblement, rien à louer dans le coin et nous avons pas vraiment les moyens de prendre un hôtel. On décide d’aller manger dans une pizzéria et ensuite de nous balader, avec un peu de chance on va croiser quelqu’un qui nous invitera spontanément, sans nous connaitre, haha! Après une belle petite balade dans ce joli petit village, nous retournons, bredouille de logement, vers la plage. Bah voilà! ça sera notre lit pour ce soir, sans sacs de couchage ni tente. Un sable un peu humide et une température un peu limite, peut être 18°c, pas très froid, mais avec le vent, ça change tout.

Vers 5h du matin peut-être, une femme s’approche de l’endroit où l’on dort, sans nous voir. On pense qu’elle venait faire ses besoins, au moment ou elle se retrouve à 2 mettre de nous, Mariya sort la tête de dessous son écharpe et la femme hurle d’horreur et part en courant. Ce qui nous à déclenché une bonne crise de fou rire.

On se réveille après avoir passé une des pire nuit de notre vie. Les bruit des gens qui font la fête, le froid qui nous maintient dans un état de semi-sommeil et les moustiques par centaines, qui dévorent le moindre petit bout de chair qui dépasse. Enfin bref, nous sommes courbaturés et pleins de piqures, mais vivants 🙂

On part direct trouver une douche, pour se réveiller un peu et être propre pour le stop de la journée. Mais quand je vois que la douche de plage est payante et pas qu’un peu, 1 euro les 30 secondes environ, ça coupe un peu l’envie. Nous allons donc à la plage et on se lavera dans l’eau. Heureusement, nous avions prévu le coup et acheté un shampoing-gel douche adapté au endroits sauvages, de façon à ne pas polluer. Nous payerons quand même pour 30 secondes, afin de se rincer très rapidement de l’eau salée.

Plage Sardaigne

Retour sur la route

Toujours sous un soleil cuisant, nous attendons le chauffeur qui nous sortira de cette torpeur, mais pour le moment, nous marchons afin de rejoindre la bonne route qui nous portera, en longeant la côte, en direction de Bosa. Une voiture s’arrête à notre hauteur et un vieux monsieur nous fait monter pour nous déposer un peu plus loin. Après seulement quelques minutes, il nous dépose. Ce n’était effectivement pas très loin et nous sommes encore moins bien placés maintenant.

Trouver le bon endroit quand on fait du stop, relève du bon sens, mais aussi de la chance. Car, quand on ne connait pas le pays – on ne peut pas savoir à l’avance si la route sera fréquentée ou pas. Même si ça peut paraître évident, comme ici, sur la route où nous sommes, qui va d’une ville à une autre, en longeant la côte, mais non, les gens ici semblent préférer les grands axes.

Enfin, quelqu’un s’arrête et on se retrouve à nouveau à rouler à une vitesse folle sur les routes escarpées de la côte. Au moins nous avons rattrapé le temps perdu. Nous voilà à Bosa, mais ce n’est qu’une étape, il faut maintenant aller à Oristano, où j’ai pu, cette fois-ci, réserver un Airbnb, en espérant que l’on y arrive.

La voiture suivante, un couple de voyageurs de la quarantaine nous embarque jusqu’au prochain village. Nous papotons un peu de nos vies. Ils sont sympas et s’il n’avait pas fallu que l’on soit à Oristano le soir, ils nous auraient accueilli. Ils nous déposent un peu plus loin, au village de Suni, qui nous replace sur la bonne route.

Nous enchainons les véhicules qui nous rapprochent doucement de notre objectif. Nous sommes déjà en fin d’après-midi et nous avions prévu d’arriver à 19h au Airbnb. Je décide de prévenir la propriétaire de notre possible retard.

Déposés par deux jeunes, on se retrouve dans un coin perdu, sur un pont menant à l’autoroute, avec une voiture qui passe toute les 15 min environ. Après environ 1h d’attente, un jeune homme s’arrête. Il a du voir notre désespoir, là, au milieu de nul part. En chemin, il nous explique que c’est la première fois qu’il prend de voyageurs en stop. Il appelle sa copine pour lui raconter qu’il nous a pris en stop, ce qui semble être une aventure pour lui, il fera même un selfie avec nous en souvenir.

Voila, nous sommes enfin arrivés à Oristano, après environ 6h de stop pour faire seulement 100km. Nous prenons place dans notre Airbnb confortable, impatients de passer une bonne nuit. Pour le moment, nous partons manger en ville avec notre voisine de chambre suisse, rencontrée sur le palier de la maison où nous logeons. Une soirée décontractée et douce, au rythme de la musique orientale, jouée sur une petite place du village.

Stop, Sardaigne

Dernière étape en stop

Après une courte visite d’Oristano, nous reprenons à nouveau notre pouce, qui nous portera jusqu’à Cagliari cette fois-ci. Sur place, nous avons la chance d’avoir un couchsurfer qui nous hébergera dans la campagne de Cagliari.

Nous attaquons le stop dans la matinée, espérant ne pas mettre trop longtemps pour rejoindre la capitale. L’attente est encore plus longue que les autres fois. J’ai  repéré une gare non loin, au cas où personne ne nous prendrait. Nous ne sommes pas très bien placés. Les routes pour sortir de la ville sont plutôt petites et les gens ne semblent pas vouloir regarder quand ils passent. Après 1h30 d’attente, notre record, une voiture passe devant nous sans s’arrêter. Nous commençons à marcher en direction de la gare et la voiture en question a fait demi-tour, elle passe devant nous et fait à nouveau demi-tour, pour nous récupérer. Soulagement, un couple plutôt bourgeois et leur grande fille nous embarquent. C’est la première fois qu’ils prennent des auto-stoppeurs. Ils sont venus nous chercher, car ils avaient eu pitié de Mariya, haha!

Ils nous expliquent, comme d’autres auparavant, que le stop n’est pas commun en Sardaigne et que nous avons de la chance d’être pris. En tout cas, nous avons de la chance, car ils nous emmènent directement à l’aéroport de Cagliari où nous pourrons prendre un train qui nous déposera en centre-ville. L’attente la plus longue, mais le trajet le plus rapide. Ils font un selfie-souvenir avec nous avant de reprendre nos chemins respectifs.

Cagliari, Sardaigne

Cagliari, capitale de la Sardaigne

Enfin à Cagliari! C’était l’objectif de ce voyage, de pouvoir traverser cette île en stop. Nous sommes assez contents de nous et maintenant profitons un peu de cette ville, connue pour son quartier médiéval du Castello, entouré de remparts et situé au sommet de la colline, bien au-dessus du reste de la ville.

On flâne tranquillement dans les ruelles de ce quartier imprégné d’histoire. Nous pouvons nous poser dans un café et boire une bonne bière sans se presser ou encore faire une petite sieste dans l’herbe à l’ombre d’un vieux bâtiment. Cela paraît déjà être un luxe, après seulement quelques jours de stop. Après le vieux quartier, direction la plage, où notre couchsurfer nous rejoindra plus tard dans l’après-midi. Nous arrivons sur une plage bondée de monde, agglutiné les uns contre les autres, tout ce que je déteste, mais l’appel de l’eau est trop fort. Pendant que nous nous baignons à tour de rôle, pour ne pas laisser nos sacs seuls, les gens autour de nous jouent aux cartes, boivent de l’alcool en plein cagnard avec la musique à fond ou d’autres s’embrouillent avec des revendeurs de plage. Une animation quelque peu bruyante à mon goût.

Notre ami du jour, Misha, arrive. Nous faisons connaissance sur la plage, allons boire un thé qu’il a apporté de chez lui, suivit d’une bonne glace vegan et reprenons la route. En chemin vers la campagne de Cagliari avec Misha, dans sa voiture recouverte d’un joli tapis de poils de chien, nous observons le paysage qui défile.

La Sardaigne et une île plutôt aride, désertique et vallonnée. Nous n’avons croisé que très peu de forêt pendant ce voyage, mais peut-être n’étions nous pas assez attentifs. En tout cas le climat est propice à la plantation de divers vergers, tels que les oliviers ou autres arbres fruitiers. Nous confirmons ça, en arrivant chez la mère de Misha, qui vit dans une petite maison de campagne avec son mari, Misha et leurs nombreux chiens. Nous passerons une agréable soirée à boire du vin local en dînant d’un repas vegan, tout ça dans leur grand jardin bondé d’arbres fruitiers ou noix divers.

Notre nuit, se passera dans une sorte de petit garage sans porte où dort habituellement Misha, mais pour cette fois-ci, il dormira juste dehors sur un matelas entouré de tout les chiens, qui lui tiendrons chaud pour la nuit.

Au réveil, on se sent décontractés, dans ce coin de campagne agréable et plein de bonnes énergies, nous mangeons notre petit dèj, et quittons nos hôtes, avec une petite boite d’amandes fraîches du jardin pour accompagner notre retour à Cagliari.

Pour nos derniers jours sur cette île, nous prenons le train pour remonter dans le nord et rejoindre un couple d’amis qui est ici en vacances dans une maison de location. Nous passerons nos derniers moments à se baigner, manger et boire, avant de prendre notre vol retour…

Nous sommes ravis d’avoir pu réaliser ce mini défi de traverser la Sardaigne en auto-stop, malgré les réticences des locaux à ce sujet. La Sardaigne reste relativement simple à traverser en stop, dans la mesure ou l’on reste courtois et souriant.

 Et vous, quel pays vous attirerez pour faire du stop?

street art Sardaigne

 

 

 

 

 

 

4 thoughts on “La Sardaigne en stop

  1. Sympa comme expérience ! Je suis ravie de lire cet article, si tout va bien je traverse la Sardaigne en mai prochain, donc je vais le garder sous la main pour trouver un peu d’inspiration sur mon tracé (qui sera sûrement à l’arrache également !)

    Ton blog en général est très sympa ! Bonne chance dans la continuité de tes aventures ! Je suis ça sur la page Facebook 😉

    À bientôt,
    Déborah

    1. Merci, Déborah 🙂
      Je te retourne le compliment pour ton blog que j’ai survolé cet aprem. Je te souhaite également pleins de belles aventures qui rempliront future-ment ton blog, 😉
      Et je ne manquerais pas non plus de suivre tout ça sur ta page.
      Amicalement, Julien.

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