Un moment à Marrakech

C’est un mardi 27 novembre que nous atterrissons à Marrakech. Passés les formalités d’entrée et munis d’un nouveau tampon sur notre passeport, nous rejoignons la sortie, où Adnane, Ahmed et Khalid nos hôtes, nous attendent pour rejoindre le centre-ville en taxi.

En réalité, nous ne sommes pas ici seulement pour du tourisme, mais pour rencontrer ces 3 jeunes Berbères du groupe Meteor airlines. Ils ont contacté Mariya pour participer à leur projet musical. Entre autres, le tournage d’un clip que nous ferons ici même.

Premier tajine

Nous pénétrons dans les rues animées du centre-ville, où nous sommes déposés, après un slalom constant entre les voitures. Les 5°c de chez nous, laissent place au 25°c et au grand soleil de Marrakech. Le temps de faire connaissance et d’établir un programme approximatif autour d’un verre, et nous voilà déjà en train de flâner dans les rues à la recherche d’un endroit où manger. Évidemment la ville regorge d’endroits où l’on peut manger aisément pour quelques dirhams, mais nous choisissons un petit resto simple hors de l’afflux touristique. Chaise en plastique, lumière qui clignote et quelques tajines qui cuisent de façon traditionnelle sur un Kanoun, (sorte de barbecue rond où l’on dépose des charbons ardents avant d’y déposer le tajine par-dessus).

tajine vegan

Nous commandons un Tajine « végan »(les marocains savent très bien à quoi cela consiste, et proposent souvent des variantes végétariennes ou végans dans leurs cartes). Pendant l’attente, on nous apporte trois petits mets, sorte d’amuse-gueules qui nous mettent en appétit, avec leurs saveurs, plus variées les unes que les autres. Enfin, le Tajine arrive, avec ses quelques batbout (pain marocain), afin de le manger de façon traditionnelle. Nous nous délectons de ces premières saveurs légèrement épicées, accompagnées d’un délicieux thé à la menthe.

Contrairement à ce que l’on peut voir dans les lieux plus adaptés aux touristes, nous paierons seulement 30 dirhams (2.80€) pour le tajine et le thé, les amuse-gueules étant offerts. D’après ce que j’ai pu voir vers la place Jemaa El Fna, les tarifs sont plutôt de 65 dirhams juste pour le tajine. Donc, il ne faut pas hésiter à s’éloigner un peu, pour obtenir moins cher et un peu plus authentique.

Une douche à Marrakech

Le soir, nous arrivons dans le quartier Targa à environ un quart d’heure du centre en transport. Nous prendrons généralement le bus pour les allers-retours, le moyen le plus économique pour se déplacer ici, 4 dirhams seulement (0.36€), et pour un taxi, comptez environ 20 dirhams (1.9€) pour 15 min de trajet. Bien sûr, ces tarifs sont ceux généralement appliqués quand vous avez négocié, mais cela peut coûter bien plus cher.

Pour exemple, nous connaissions les tarifs pour aller du souk au café « la Renaissance », soit 20 dirhams. Le chauffeur nous en demandait 60 au départ, ce qui peu paraître abordable au vu de ce que nous appliquons chez nous en France, mais multipliés par les jours sur place, ça peu vite faire un beau budget transport.

Quartier Targa, Marrakech, Maroc

L’appartement où nous logeons est neuf, dans un bâtiment neuf où nous serons les seuls habitants. Pour les curieux voulants investir au Maroc, un appartement d’environ 40m2 coûte 25000 euros dans ce quartier. Après, la finition laisse à désirer (défaut professionnel, je regarde tout). Nous aurons pour seule douche, un couscoussier où nous chauffons l’eau le matin et ensuite dans le bac à douche, nous avons un petit seau qui servira de pommeau de douche, précaire mais suffisant. Il faut savoir que normalement ce n’est pas comme ça, mais il y avait un problème d’arrivée d’eau. Nous passons la nuit à nous faire dévorer par les moustiques, qui sont encore nombreux en cette période de fin novembre.

Quartier touristique de Marrakech

Il est temps d’aller à la découverte du quartier touristique, où se trouve notamment le fameux souk de Marrakech. Sans doute un des plus connus du monde.

Nous avions déjà été au souk, lors de notre voyage à Rabat (la capitale) il y a quelques années. Nous y étions allés en voiture à cette époque, et nous avions été un peu surpris par la façon très aléatoire de conduire. Le klaxon, fait parti intégrante de la conduite ici.

Comme disait un chauffeur de taxi, quand nous lui avons posé la question « pourquoi ils klaxonnent si souvent? »

– Parce qu’il a été vendu avec la voiture!

la medina, Marrakech

Nous remontons l’avenue Mohammed V pour arriver au Minaret de la Koutoubia ou Mosquée des Libraires, son nom vient du fait qu’elle se situait dans le souk des marchands de manuscrits. Le minaret mesure 77 m de hauteur, est de section carrée, selon la tradition de l’occident musulman.

Au pied de l’édifice, on trouve déjà des marchants ambulants qui proposent toute sorte d’objets traditionnels. Mais ce que nous préférons, ce sont les vendeurs de jus de fruit, dont la grenade fait partie. Pour 20 dirhams ou moins on peux déguster un grand jus de grenade.

Place Jemaa el-Fna

Nous continuons en directions de la place Jemaa el-fna (En arabe : جامع الفنا, « place des trépassés »), principale attraction traditionnelle et historique du tourisme au Maroc. En arrivant, nous sommes directement plongés dans l’atmosphère du commerce et du spectacle. À savoir, si vous voulez prendre en photo des divers animations qui s’y trouvent, ils vous faudra généralement donner de l’argent.

En revanche je suis profondément contre toute cette exploitation animale, les charmeurs de serpents, « dresseur » de rapace ou encore ces petits singes attachés pour satisfaire les touristes, au même titre que les éléphants en Asie ou encore les fauves à moitiés endormis pour la photo. Donc je déconseille fortement ce type d’attraction. Il y a suffisamment à voir avec les musiciens traditionnels, les cracheurs de feu, ou autre saltimbanque.

Place Jemaa el-fna, Marrakech

La place Jemaa el-Fna n’en reste pas moins attrayante. Au XIIe siècle, cette place a était un lieu de justice où les peines étaient publiquement appliquées. Heureusement, les temps ont changé. Elle s’anime en général dès le matin avec tout les forains qui viennent faire leur show jusqu’à l’aube. Enfin, le soir, elle fait place aux restaurateurs qui viennent nombreux, proposer des plats typiques du Maroc. Çela peut être oppressant, car vous êtes sans cesse abordés par les rabatteurs qui vous proposent leurs plats. Ils sont parfois plusieurs sur vous et peuvent s’engueuler entre eux pour vous avoir. Pas vraiment de méchanceté, mais une certaine animosité tout de même. Même si j’aime retrouver ce type d’ambiance et je me fais plaisir à négocier, ça peut en effrayer plus d’un.

Les souks

Nous pénétrons dans le souk, je crois que c’est à ce moment là que Marrakech prend tout son sens. Nous sommes envahis d’odeurs de couleurs et de sons. Les épices viennent caresser nos narines entremêlées d’odeur de cuire, d’osier et de nourriture. Tout semble beau, attirant et coloré. Le moindre petit objet pourrait finir sur votre étagère, dans le meuble de cuisine ou sur votre sol. Les toits des ruelles du souk sont recouverts de lames de bois ou encore du canis, qui offre une lumière blafarde et ombrage les lieux où l’on se perd volontiers. On se verrait bien en djellaba pour arpenter ce labyrinthe oriental et se fondre dans le décor.

Le souk de Marrakech, Maroc

Ce qui fait également le charme de cet endroit, ce sont les vendeurs, qui pourraient vous vendre n’importe quoi, même s’ils ne l’ont pas. À ce moment là, l’heure est à la négociation et on y échappe pas. Si vous voulez acheter un produit, alors il faudra être fort, renseigné et sûr de soi. Les meilleurs s’en sortirons avec, par exemple, une Djellaba à 40 dirhams, quand d’autre donnerons 150 dirhams, mais dans les deux cas, l’affaire ne sera pas si mauvaise. L’important à mon avis, c’est de vivre ce moment particulier et en rentrant, tu raconteras que tu as négocié dans le souk de Marrakech, c’est déjà toute une aventure en soi.

On se perd volontiers

Le souk est organisé par quartiers et par métiers et regroupe plus de 2600 artisans marocains. Donc quand on veut faire une petite pause, il faut s’orienter vers le quartier des cafés, restaurants. Nous prenons maintenant le thé dans un petit café dans une des ruelles non abritées du souk, sans vraiment savoir où nous nous trouvons. Il y a également des terrasses sur les toitures, ce qui apporte encore plus de charme et a l’avantage de sortir du brouhaha du bas. Après, vous paierez un peu plus cher le thé au souk, mais ça a son charme.

Vendeur ambulant souk de Marrakech.

Après quelques indications, nous sortons du dédale, chargés d’un pyjama traditionnel et de thé à la menthe aux petites roses. Nous traversons la place Jemaa el-Fna, déjà envahi de stands de nourriture portant des numéros. À chaque passage près d’un stand et vous avez droit à une explication de ce qu’ils proposent et de leurs numéros, pour ne pas oublier où tu pourrais manger. Si vous ne voulez pas manger, comme nous, je vous conseil de filer tout droit sans porter un regard, autrement la discussion s’enclenche, et vous pourriez finir assis à la table, avec une tête d’animal cuite pour compagnie.

Le soir est tombé, et en sortant de la place nous avons droit à un couché de soleil, juste derrière la Médina et ces palmiers, qui nous offre un beau spectacle pour finir cette journée.

Sunset derrière la Médina, Marrakech

Le tournage

Le lendemain, nous consacrons la journée au tournage du clip. Mais avant ça, nous allons dans un petit stand de street food, où nous commençons à prendre nos habitudes le matin. Nous dégustons une sorte de crêpe feuilleté appelée Msemmen, une spécialité du Maghreb, que l’on accompagne de atay mchahar (thé à la menthe).

Il est temps d’aller au LAB, une salle dans un ancien bâtiment qui fait théâtre, studio, salle d’expo, etc.., Pour cette première partie du tournage, le but et de faire des plans des musiciens avec leurs instruments. Mariya prend place sur scène avec les musiciens et c’est parti pour plusieurs heures de tournage qui nous prendrons la journée.

Le soir, nous décidons de faire un tajine à l’appartement, alors petit tour dans les rues pour trouver un stand de légumes. Une grosse botte de coriandre, de la menthe, oignons, patates, courgettes, aubergine, tomates, deux poches pleines et nous payons 60 dirahms. Pour info, cela n’est pas vraiment cher, mais apparemment nous les avons pris dans un endroit plus élevé que d’habitude et normalement cela n’aurait pas dépassé les 20 dirhams. En rentrant, mes chers colocataires me laissent réaliser le tajine végan, une première pour moi. Je m’en suis pas trop mal sorti.

Sur les toits de Marrakech

Au matin d’une nouvelle journée de tournage, je décide de grimper sur la toiture de l’immeuble, chose que j’avais déjà expérimenté à St-Petersbourg. La veille, j’avais repéré que la porte d’accès au toit était ouverte. Je me lève donc assez tôt pour aller profiter du lever de soleil. Une fois sur le toit, il y a une partie surélevée qui accueille les antennes. Je grimpe dessus pour avoir encore plus de hauteur. Me voilà à environ 15 m de hauteur, à attendre le soleil. Il arrive, enfin, plutôt son rayonnement. Derrière l’Atlas, un mélange de couleurs rose, pourpre, violet envahit le ciel. En avant-scène, les bâtiments, tous de la même couleur et une usine crachant sa fumée, rendent le moment mystique. Je m’enivre de ce spectacle, avant de descendre rejoindre tout le monde qui dort encore.

Sunrise, Marrakech

Deuxième jour de tournage

Nous partons cette fois-ci, dans un musée d’art où l’on va tourner des scènes de cambriolage. Mariya et les membres du groupe sont des voleurs venues pour s’emparer d’un tableau, pendant que moi, je jouerais le rôle du gardien dans la salle de contrôle, qui se fera endormir et bâillonner. C’est une façon plutôt originale de découvrir Marrakech. Après le musée nous partons en dehors de la ville, dans une ancienne usine de conserve réaménagée en lieu artistique, qui met fin au tournage.

Ce court périple se termine sur la place Jemma el-fna, où je tenais à aller pour mesurer l’ambiance du soir dans ce temple du commerce. C’est extrêmement animé, sans doute des milliers de personnes viennent ici pour manger, vendre, acheter, voir des spectacles et j’en passe. Nous dégustons un thé au son de musiciens traditionnels sur un toit terrasse, en observant la foule. Un moment, la musique s’arrête le temps du dernier appel à la prière, (il y en a 5 par jours) qui clôture cette journée.

Le lendemain, il est temps pour nous de prendre le chemin de l’aéroport. Mais avant notre vol, nous nous arrêtons manger un bon couscous dans une famille où nous avons été invités. Nous finissons donc ce séjour sur une note gustative, qui ne manquera pas de nous mettre l’eau à la bouche, à chaque fois que nous y repenserons.

Place Jemaa el-fna, Marrakech, Maroc

 

 

 

 

 

 

 

 

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