De Lomé à Gadjagan

Lomé

Après mon arrivée au Togo, où j’ai été accueilli par Coffi dans le quartier d’Adidogomé, où je passerais une nuit, je décide à présent de m’installer dans le centre. Je passe l’après midi avec Coffi et pars me trouver un coin tranquille pour la nuit. Il est environ 21 h 30 et il fait déjà bien nuit. Sous l’avis défavorable du personnel d’accueil de la guesthouse, je décide d’aller marcher un peu dans les rues terreuses de la ville. Ils pensent que c’est trop dangereux et ont peur que je me fasse voler. Je ne prends pas de superflus, juste un peu de monnaie et mon passeport, bien caché.

Bien évidemment, je suis aux aguets, je me fie à mes sens et je ne m’engouffre pas dans des ruelles sombres, où mon visage pâle ne passerait pas inaperçu. Je cherche à manger; nombre de stands sont là pour assouvir cette envie, mais, étant vegan, les choses sont moins évidentes. Je ne me sens pas forcément en danger, mais il y a tellement peu de lampadaires qui éclairent la ville, que parfois, seules les flammes des fours traditionnels, apportent une sombre luminosité, qui donne un effet mystique à cette balade. Après environ une heure de marche, je trouve une sorte de soja texturé, mais qui me suffi, je ne sais plus vraiment où je suis à présent et il se fait tard. J’accoste un Togolais et lui demande le chemin, il me dit que c’est un peu loin et me conseille de prendre un zed, (un taxi moto). Il négocie donc pour moi et me voilà à zigzaguer rapidement, entre les déchets les personnes et les trous béants dans la douceur de la nuit, , afin de rejoindre ma chambre.

Un visa pour Le Togo

Au matin, je quitte la chambre, je change le peu de monnaie qu’il me reste et je pars au restaurant le Noble veg, que j’avais croisé hier soir. Je m’installe pour y manger un plat local revisité vegan , un moyo avec sauce piment. Enfin ça, je l’ai appris sur le coup!! Je me régale, mais après avoir perdu 5 litres de sueur et toutes sensations du palais, je file au service des visas.

Je suis surpris de voir que certains des bureaux, sont installé sous les arbres. Pour ma part, je me dirige vers un bâtiment vétuste percé d’une petite fenêtre, je récupère un document à remplir que je redonne avec 500 francs. Je dois revenir demain récupérer mon passeport pour 16 h.

Pour se rendre au Togo, il y a la façon la plus conventionnelle, prendre son visa en France. Soit à l’ambassade pour environ 35 euros les 15 jours, soit en ligne pour environ 75 euros sur des sites comme Action-visa. Autrement, vous pouvez vous rendre directement sur place, où vous obtiendrez un visa de 7 jours à l’aéroport pour 15 euros. Pour obtenir un visa de un mois, de visa, il faudra vous rendre au service des visas, et vous débourserez alors 500 francs (0,75 €). La méthode que j’ai choisie.

Backpackerhousse Lomé Togo

Plus d’argent

Cela étant fait, je pars maintenant en direction du quartier d’Adakpamé, près du port, où se trouve la guest housse, « Backpakerhousse ». En route, je m’arrête pour retirer de l’argent, car il ne me reste plus grand- choses. Mais malheureusement, ma carte se bloque et je me retrouve avec juste de quoi payer la chambre et un peu de monnaie. Après avoir pris possession de mon lit dans le dortoir, je m’installe face au golf de Guinée, et je déguste un quart d’ananas, seul aliment que j’ai pu me payer avec ce qui me restait.

Je rencontre Keng, mon colocataire du jour, un Taïwanais qui parle français. Nous passons un bon moment à parler de nos voyages respectif et nos premiers ressenti sur le Togo et décidons de barouder ensemble la journée du lendemain.

Bizarrement, depuis que je suis au Togo, je me lève très tôt, dû au soleil qui se lève très tôt également. 5 h 30 environs, je vais sur la plage profiter des premiers rayons du soleil. Je fais une séance de yoga sous l’œil curieux d’un Togolais et je finis par une bonne baignade, dans une eau avoisinant les 28°c.
Keng se réveille et nous allons prendre le petit-déjeuner compris dans le prix du lit, environ 7 euros . Pendant le petit dèj, j’ai pu gérer un transfert d’argent avec Western union; Je file donc récupérer l’argent non loin d’ici. Je suis sauvé! J’avais peur que cela ne fonctionne pas. Nous partons ensuite visiter le musée international du Golf de Guinée en empruntant un taxi partagé, et ce n’est pas un euphémisme. La plupart du temps, on se retrouve presque enlacé dans les bras d’un inconnu à l’arrière, et si l’on croits qu’à l’avant on y échappe, eh bien je me suis vite rendu compte que non! Et le tout sous une chaleur écrasante, avec les vitres qui ne s’ouvrent pas toujours.
 Après avoir fait cette visite culturelle intéressante, que je recommande, nous nous rendons au grand marché de Lomé.

Le grand marché de Lomé

Au pied de la Cathédrale Sacré Cœur, l’atmosphère est intense, les voix criardes se mêlent aux musiques africaines. Moi qui pensais avoir tout vu au Maroc… Ici, les stands se mélangent avec les voitures, motos et tricycles, qui se fraient tant bien que mal un passage pour rejoindre leur destination.
Malgré cette frénésie qui ne semble jamais redescendre, les vendeuses ambulantes, chargées de leurs marchandises sur la tête, circulent avec adresse dans les couloirs de cette cacophonie. Sous les nombreux parasols, offrants l’ombre nécessaire au yovo que je suis, les pagnes multicolores portés ou proposés sur les étales, inondent chaque recoin de cet immense marché tentaculaire.

marché Lomé Togo

Je remarque que le marché est tenu en majorité tenu par les femmes ; ici, elles dominent le commerce, aidées de leurs enfants, que l’on voit se faufiler ici et là. J’arrive tant bien que mal à me frayer un chemin, je ne sais pas vraiment où chercher ni quoi chercher d’ailleurs. Je finis par m’extirper, pour rejoindre le service des visas. Ce marché m’en aura fait voir de toutes les couleurs, mais l’énergie et la bonne humeur des Togolais en vaillent le détour.

Le taxi brousse

Je récupère mon passeport, tamponné et complété cette fois-ci d’un visa valable 1 mois. Sur le retour, je poste une carte postale, sans vraiment savoir si elle arrivera à bon port. Pour avoir essayé dans plusieurs pays, ce n’est pas toujours garanti. Je rentre enfin à la guest housse pour y passer une dernière nuit avant de reprendre la route. Une nuit, qui d’ailleurs, sera compliquée, suite à l’attaque de nombreux minis moustiques, qui m’obligeront à monter la tente dans la chambre pour être enfin tranquille.

guesthousse Lomé

Il est temps pour moi de prendre la route, et je décide de rejoindre Gadjagan en taxi brousse et de là, je marcherais une journée jusqu’à Kpalimé.
Première difficulté : trouver la station de taxi et de bus. J ‘avais entendu dire que je pouvais trouver un bus local pour rejoindre les villages, mais après environs 1 heure de marche, je trouve « la station », qui au final est juste une rue où des vieilles bagnoles sont garées pas trop loin d’un arrêt de bus. En revanche, il n’y a aucun bus qui prends cette direction. Je me renseigne auprès des taxis brousses, mais c’est toujours difficile, car ils sont plusieurs à venir me voir et me proposer un taxi pour des prix exorbitants, et il faut savoir faire la part des choses et comprendre ce qui est bien ou pas. Je prends des infos à droite, à gauche, je précise que je veux un taxi partagé, et ensuite je vais me poser pour manger un morceau et en profiter pour me renseigner sur Internet. Toujours important d’avoir des renseignements, afin de connaître au mieux le prix juste qu’on me propose.
Après cette pause, je suis plus à même de négocier et je monte finalement dans un taxi partagé, bien bondé, pour 2000 francs.

Togo

Sur la route Gadjagan

Voilà déjà 45 minutes que nous sommes partis, et déjà le temps est long, l’entassement que nous subissons cumulé à la chaleur n’est pas chose facile. Heureusement, nous sortons enfin de la ville et je me délecte à présent du paysage qui défile devant moi. Je décide de rentrer en méditation contemplative, un bon moyen de passer le temps. J’aimerais faire une petite sieste, mais les nombreux arrêts que nous faisons pour déposer et prendre d’autres passagers me font rester sur mes gardes, car mon sac à dos est dans le coffre, qui s’ouvre et se ferme régulièrement. Des champs de palmiers, des marchands sortant de nulle part, de temps en temps un semblant de village en bois, des écoliers sur le retour, tous parés de la même tenue, et même un chasseur, fier de sa dernière prise, un varan presque aussi long que lui, et qu’il tente de vendre aux voitures passantes.

Environ 2 h 30 de routes sinueuses plus tard, me voilà à Gadjagan, un petit village d’environ 3000 habitants, pratiquant l’agriculture à plus de 70 % l’agriculture. À côté de moi, trois petits vieux discutent et vendent le produit de leurs récoltes. Je prends une coco et m’installe sous un arbre pour la déguster et me rafraîchir un peu. Avant de reprendre la route, je rentre dans le village sous le regard curieux des habitants, je m’enfonce un peu, jusqu’à tomber sur une sorte de petite école, à côté, des enfants tapent sur des tonneaux pour faire de la musique, pendant ce temps j’explore, ce qui semble être une église en ruines. En ressortant, les enfants m’ont repéré, ils se précipitent sur moi et s’en suit un échange de regards et de gestuelle. Je sors quelques ballons gonflables et robustes que j’avais pris justement pour ce genre de rencontre. Une fois gonflé, je joue un peu avec ces enfants heureux et excités. Je demande ensuite à l’un d’eux, qui se prénomme Bienvenu et qui connaît deux- trois mots de français, où je peux trouver de l’eau.

Enfants Togolais

Une rencontre authentique

Il me demande de le suivre, et me voilà, marchant avec tout un groupe d’enfants dans le village, en direction d’une case. Une petite barrière faite de branchages la sépare des autres. La case est faite en pierres et recouverte de tôle ondulée. Bienvenu me présente Chanta, sa mère, et me demande de m’asseoir. Il revient avec une gamelle d’eau, que je passe au filtre à bactéries pour remplir ma gourde. Pendant ce temps, Chanta s’est installée au sol près de moi et démarre un feu dans son fourneau. J’essaye de discuter un peu, je sors mon appareil photo que je montre aux nombreux enfants, ravis de voir les images. Je laisse Bienvenu le tester et prendre des photos avec, un échange sympa. La petite sœur installe maintenant une caisse devant moi et me sert le repas que vient de me faire Chanta. Je suis surpris qu’elle ait fait ça pour moi. Une amie exubérante de Chanta arrive et partage le dîner avec moi.

Je me retrouve donc quelques part, dans un village au Togo, dégustant un repas traditionnel, en compagnie d’enfants du village, de Chanta et de son amie, à essayer de communiquer tant bien que mal, avec cette communauté accueillante. Au moment de mon départ, Bienvenu me fait passer le numéro de sa mère, qui apparemment, possède un téléphone, Ah… ce monde moderne gâche un peu ce moment typique.
Ce sont ces genres de moments que je suis venu chercher, pas d’histoire d’argent, pas de business, pas d’arnaques, juste des échanges, de la sincérité, de l’authentique.

Gadjagan Togo

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