Workaway à Kpalimé

Kpalimé

Je marche depuis un long moment déjà. Avec mon sac de 18 kg sur le dos sous cette chaleur écrasante, je sue comme jamais. Heureusement, la route est bordée de palmiers sous lesquels je trouve un peu d’ombre. Je profite de cette marche pour installer mon panneau solaire sur le sac à dos afin de charger mes batteries.Termitière cathédral togo

Tout le long de ce chemin, je trouve également de nombreuses termitières, appelées aussi cathédrales à cause de leurs formes. Certaines font au moins 3 m de haut, c’est assez imposant. Je croise également des marchands sortis de nulle part, ici et là, qui me permettent de m’hydrater ; certains m’offrent des fruits juteux. Après plusieurs heures, je m’arrête dans un petit village appelé Agou pour y trouver un zed (taxi moto), la nuit va bientôt tomber et j’aimerais arriver à Kpalimé avant.

 

30 min de zed plus tard, je rencontre Kokou, qui m’invite à le rejoindre à une jam improvisée sur le bord de la route, où les djembéfolas enflamment la rue de leur musique. Kokou les rejoint et entame des chants que j’imagine Ewé ou Kabiyé. C’est sulfurant mais un peu bruyant, après avoir marché au calme toute la journée.

 

Suite à cela, Kokou me propose d’aller à l’espace culturel Kékéli. Il n’y a personne en arrivant, il fait nuit, nous sommes dans la forêt et je m’apprête à planter ma tente, mais un gars arrive, il m’ouvre une pièce où se trouve un lit et repart en même temps que Kokou. J’ai tout le lieu pour moi, je trouve un gros tonneau d’eau avec une petit gamelle à côté, que j’imagine être la douchette. Je me lave de toute la sueur accumulée pendant cette chaude journée, je m’endors sur la première page de mon livre.

La cascade de Kpimé

espace culturel Kékéli, Kpalimé

Au petit matin, je me réveille à 5 h 30, une habitude que j’ai depuis que je suis au Togo : le soleil se lève tellement tôt que je n’arrive pas à dormir plus. J’essaye de voir où je me situe sur ma carte du Togo que j’avais commandée avant de partir de France. Je vois que je suis à proximité de la cascade de Kpimé, mais il pleut des cordes. J’attends donc tranquillement, je me fais un thé avec mon réchaud et je bouquine en attendant que ça se calme.

Cascade de Kpimé, Togo

 

Vers 9 h, la pluie c’est afin arrêtée. Je commence ma randonnée en direction de la cascade, 2 h de montée sur 900 m de dénivelé. Je croise des personnes toutes plus souriantes les unes que les autres sorties de nulle part. Arrivé face à la cascade je suis un peu déçu car il y a peu d’eau, je continue donc ma marche pour rejoindre le lac de l’autre côté. Après une bonne baignade et m’être bien rafraîchi, je redescends au centre où je m’endors rapidement.

Il est temps pour moi de quitter ma chambre pour rejoindre un Togolais que j’avais contacté via Workaway, un site qui permet à des voyageurs d’entrer en contact avec des hôtes qui proposent logement et repas en échange de quelques heures de travail (généralement 5 h/jour, 5 j/semaine) de la part du voyageur.

Workaway, l’art de la calebasse

Je trouvais l’idée inintéressante pour découvrir le travail artisanal local. C’est comme ça que je me retrouve derrière la moto d’Éric qui m’emmène chez sa mère, déjà en train de me préparer un bon repas au coin de son fourneau traditionnel en terre cuite. Après m’être bien rassasié, nous partons dormir dans la campagne où il fait plus frais. Éric est en train de fabriquer des chambres pour y recevoir des touristes. J’ai pu constater que c’est une chose assez commune au Togo, beaucoup d’habitants essayent de créer des chambres d’hôtes, mais je vous avoue qu’il ne faut pas regarder cela avec nos regards occidentaux.

5 h 30, je suis déjà dehors, assis face à un feu de bois pour faire chauffer la marmite d’eau. Je bois un thé à la citronnelle du jardin avant d’entamer la journée. Le principe de mon travail, c’est de sculpter et de peindre des calebasses qui ont été vidées et séchées auparavant. Pendant ce temps, Victorine, la maman, s’affaire déjà à préparer un bon déjeuner, les odeurs embaument l’atmosphère et me donne très envie.

 

Entre travail et ballade à Kpalimé, voilà ce à quoi je m’occupe durant ces trois petits jours. Un moment, nous allons au village y trouver un mécano. Arrivé devant celui-ci, je m’étonne de voir une petite cahute en tôle et quelques outils posés sur le sol terreux. Nous partons boire une bière et faire deux-trois courses ; à notre retour, le mécano a ôté le moteur et changé les soupapes de la moto, qui étaient le problème, cela en peu de temps et pour une somme dérisoire, 6-7 euros je crois. Nous rentrons et après le délicieux repas de Victorine, je remercie mon hôte et sa mère qui m’aura culinairement gâté durant mon séjour, d’autant qu’étant végan, cela changeait de ses habitudes.

Famille Togolaise, Kpalimé

Retour sur la route en direction d’Assahoun. Sur place, je trouve un point d’eau où je m’arrête faire une lessive à la main et me doucher, puis je me balade dans les dédales du marché palpitant d’Assahoun, devant le regard très curieux des villageois. Je m’assieds pour manger un ananas, puis je repars.

Je suis à présent sur la place avant d’un taxi brousse, que je partage avec un autre client et quatre autres à l’arrière, les joies de la proximité. Je retourne à Lomé dans la guest house au bord du golfe de Guinée pour y poser mes affaires et y passer la nuit.

Le lac Togo

Le matin je prends à nouveau la route, cette fois-ci vers l’est. Après 1 h, j’arrive face au lac Togo, je cherche un moyen de le traverser pour rejoindre Togoville, un village connu pour ses pratiques animistes et surtout pour avoir donné son nom au pays. Je trouve après un bon moment une embarcation, une sorte de pirogue à voile en toile de jute. Celle-ci est dirigée par un gars debout sur la poupe, qui pousse et dirige la pirogue avec un long bois.

 

Au « débarcadère », je suis rapidement accosté par des personnes désireuses de me faire visiter les lieux pour quelques pièces mais ce n’est pas dans mes habitudes. Je dois tout de même régler une sorte de taxe d’entrée à une asso pour pénétrer dans le village.

Embarcation lac togo

 

On ne sait jamais si cela est vrai au Togo et en Afrique en général, on nous demande souvent de l’argent à droite à gauche pour des choses pas toujours justifiées, alors il faut faire preuve de jugeote et parfois de fermeté, sans pour autant être méchant. Sans doute ai-je dû payer des bakchichs sans le savoir. J’ai, et je le sais, payé plus cher le zed, l’eau, ou encore la bouffe au marché, mais après quelques jours, si on est attentif, on finit par payer le prix juste. C’est pour ça qu’il est aussi important de se rapprocher des locaux et être curieux pour en savoir plus. J’ai croisé un baroudeur danois qui était là depuis 2 jours et qui payait le taxi 10 fois plus cher que moi. En soi, ce n’est pas énorme comparé à chez nous, mais il ne faut tout de même pas tout laisser passer.

 

Togo ville

Togo ville

Une fois à l’intérieur, j’avoue que je suis relativement déçu : une architecture pauvre, très peu, voire pas de commerces, je galère à trouver ne serait-ce qu’un endroit pour boire, et le village est jonché de déchets. Je finis par trouver un petit endroit qui se nomme bien justement « Le coin caché », c’est pour dire la difficulté.

Ce coin caché est tout bonnement une petite maison avec une table dans la cour. Je m’installe sur cette table de jardin ; à mes côtés, une femme qui n’en est pas à son premier verre me propose un verre de sa bouteille. J’accepte et bois une sorte de whisky immonde. Je demande une bonne bière fraîche car c’est la seule chose de frais qu’ils aient, pour faire passer ce whisky, et je la bois en compagnie des enfants et de leur chien, apeuré de voir un blanc, ce qui fait bien rire tout le monde.

Enfant togolais

 

Ce village a sans doute une histoire intéressante mais j’aime me faire mon propre avis et ressenti avant tout. Il faut sans nul doute prendre un guide pour en savoir plus, ou aller sur Wikipédia. D’ailleurs j’apprendrai par la suite que Togoville signifie originellement « ville “au-delà de la falaise” » en langue ewe.

Retour à ma guest house en fin de journée, je rencontre deux Françaises travaillant dans l’humanitaire au Tchad, qui sont venues au Togo pour se reposer. Après avoir discuté voyage et humanitaire, elles m’offrent une crème solaire, que j’avais oublié de prendre en France, et je file me coucher.

Pendant cette petite pause, j’ai pris contact avec l’association Jada humanitaire qui se situe à Tsévié, un village plus au nord de la capitale. Nous nous sommes mis d’accord pour que je les rejoigne afin de passer une journée avec eux et voir comment cela se passe. Je décide de partir le lendemain.

 

 

 

 

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